La Résurrection (Icône orthodoxe)

Le Christ ressuscité brise les portes du séjour des morts, arrachant Adam et Eve à leur tombeau.

 

En introduction avant l’office, je vais vous parler ici d’une façon très simple de « mastiquer » le texte biblique… !
Connaissez-vous la lectio divina ? C’est une pratique de lecture de la Bible très ancienne, qui réclame juste… de l’amour !
Installez-vous confortablement. Faites silence en vous. Invitez Dieu à vous accompagner, par son Esprit, dans votre découverte du texte biblique.
Lisez le texte une première fois. Relevez un mot, une phrase du texte qui vous « parle » (qui vous surprend, vous intrigue ou vous (ré)conforte par exemple). Vous pouvez le noter sur un carnet.
Lisez le texte une deuxième fois. Reprenez-le en regardant son « chemin », comment il vous conduit, à quoi il vous conduit. Ne vous inquiétez pas si quelque chose vous dérange, si vous ne comprenez pas telle ou telle affirmation ; demandez-vous si la situation, le comportement, la relation qu’il décrit parle de ce que vous vivez, ce que vous avez connu ou connaissez maintenant. Noter tout cela.
Lisez le texte une troisième fois. Dans la prière, remerciez Dieu pour cette Parole qu’il vous propose ; puis parlez-lui de vos découvertes dans le texte, de vos incompréhensions aussi, posez-lui vos questions (c’est d’autant plus facile si vous les avez notées au fur et à mesure !).
À présent, faites silence. C’est à Dieu de vous parler. Il le fera d’une façon compréhensible pour vous : un mot, une image… pour autant que vous restiez réceptif à ce qui peut surgir, même si c’est surprenant. Rappelez-vous : Dieu est bienveillant, c’est du bien qu’il vous veut !
Voilà le principe de la lectio divina. Chacune des parties porte un nom…latin : lectio (lecture) meditatio (méditation) oratio (prière), contemplatio (contemplation). Vous l’aurez compris, il s’agit de « déplier le texte » pour lui permettre de se déployer pour vous ! C’est pour cela que Dieu vous offre sa Parole.

Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera Ta louange
Ô Dieu, rends mon oreille attentive à l’écoute de Ta Parole !
Dieu est mon Sauveur, j’ai confiance en lui et je ne tremble plus,
Car ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR ! C’est lui mon salut !
Amen !

 

 

 

Cantique 47-10 : De quoi t’alarmes-tu, mon coeur ?


1. De quoi t’alarmes-tu, mon coeur ? Reviens à l’espérance !
A ton Seigneur, à ton Sauveur, Remets ton existence !
Car nuit et jour, dans son amour, Il veille sur ta vie :
Jamais il ne t’oublie.
2. Regarde au Dieu de l’univers : Il connaît tout d’avance.
Il peut sonder le ciel, la mer, Le temps et la distance.
Il voit aussi le plus petit, Le fond caché d’un être.
Son oeil en toi pénètre.
3. Ouvrez vos coeurs, ouvrez vos yeux ! Qui donc hésite à croire ?
Voyez partout l’amour de Dieu Et contemplez sa gloire !
Tout est gardé par sa bonté, Sa grâce est infinie,
Il veille sur nos vies.

Psaume 36, 6-11
SEIGNEUR,
Ta loyauté est dans les cieux, ta fidélité va jusqu’aux nues.
Ta justice est pareille aux montagnes divines, et tes jugements au grand Abîme.
SEIGNEUR,
Tu sauves hommes et bêtes.
Dieu, qu’elle est précieuse, ta fidélité ! Les hommes se réfugient à l’ombre de tes ailes. Ils se gavent des mets plantureux de ta maison et tu les abreuves au fleuve de tes délices.
Car chez toi est la fontaine de la vie, à ta lumière nous voyons la lumière. Prolonge ta fidélité pour ceux qui te connaissent et ta justice pour les coeurs droits.

Que veut dire être fidèle à Dieu ?
Suivant la traduction biblique dans laquelle nous lisons, nous pouvons avoir des mots différents pour exprimer cette notion de fidélité, mais le mot grec utilisé par Paul est celui qui a donné « foi ». La fidélité est Fruit de l’Esprit, ce qui signifie que cette fidélité est une qualité de Dieu : dans l’histoire humaine, Dieu a été fidèle, il n’a pas trahi, il a toujours essayé de rattraper Israël, son serviteur, et il vient sans cesse nous redonner une chance.

Aujourd’hui nous lisons la 2e lettre de Paul à Timothée 2,11-13 :
« Cette parole est certaine :
Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ;
Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ;
Si nous le renions, lui aussi nous reniera ;
Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. »

Regardez les jeux de symétrie dans l’affirmation de Paul : tout à coup, il y a une rupture à propos de la fidélité. Que signifie cette rupture ?
L’engagement de Dieu à notre égard, son alliance avec nous, va plus loin que nos manquements – nous essayons souvent d’être fidèles, et quelquefois nous échouons, nous retombons dans des travers que nous nous étions pourtant promis de corriger !
Humainement, si quelqu’un me faisait ce « coup-bas », si j’ai le sentiment de m’être fait avoir – « et pourtant il avait promis… » -, j’aurai alors peut-être de la peine à refaire confiance ! On m’a eu une fois, mais pas deux… !

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Ce n’est pas ainsi que ça se passe dans la relation avec Dieu. La fidélité dont on parle, c’est vraiment la foi, c’est-à-dire une confiance, une assurance des choses qu’on ne peut pas voir avec ses yeux. À propos de l’action de Dieu, Calvin disait : « Dieu est plus grand pardonneur que l’être humain n’est pécheur. ».

Vous le savez certainement, juridiquement seul peut être gracié celle ou celui qui a été condamné… – c’est logique, parce que sinon il est inutile de faire grâce.
Si j’accepte la condamnation, c’est que je reconnais mon tort. Oh, je peux toujours essayer de (me) justifier, mais alors c’est comme si je disais que je n’ai pas besoin de la grâce de Dieu, de son pardon. Pas besoin de lui. « Je me débrouille très bien tout seul ». La porte est alors ouverte à toutes les idolâtries… À ce propos justement, la question n’est pas tellement de savoir si nous croyons en Dieu (!), mais si nous pouvons nous enraciner dans la conviction que lui croit en nous : Dieu est fidèle.
Ce n’est pas pour autant la permission de continuer dans le n’importe quoi, c’est plutôt un encouragement à reprendre la route. À se laisser relever par la bienveillance de Dieu, malgré tout : oui, ce que j’ai fait n’est pas digne de la confiance de Dieu, non ça ne me rend pas fier de moi – mais Dieu me dit : « On continue ensemble ! ».
Vous comprenez ? Être fidèle à Dieu, ce n’est pas être toujours parfait – Dieu seul est parfait -, c’est rester dans le dialogue, dans la relation même si je ne suis pas content de moi. Dieu me reçoit ainsi.
Voudrez-vous bien le croire ?

 

 

Cantique 47-12 Il faut qu’en Dieu l’on se confie


1. Il faut qu’en Dieu l’on se confie : La paix du coeur se trouve en lui.
On ne peut prolonger sa vie Par ses tourments, par ses soucis.
Mais en réponse à notre foi, A toutes choses Dieu pourvoit.
2. Au coeur humain, la joie est bonne, Et le Seigneur le sait aussi.
Pleine et parfaite, il nous la donne Dans le moment qu’il a choisi.
Il est celui qui sait le mieux Ce qu’il nous faut pour être heureux.
3. Puisqu’il me garde sur ma route, Craindrais-je encor de défaillir ?
Je prie, je chante, et ne redoute Ni le présent, ni l’avenir.
Il est fidèle et tous les jours, Je peux compter sur son amour.

Intercession

Un jour, ta voix nous a appelés, Seigneur, ta Parole nous a créés.
Nous voulons être des hommes nouveaux et des femmes nouvelles, germes de paix et d’espérance pour le monde.
Nous te prions pour ceux qui ont perdu l’espoir, pour ceux que décourage la dureté des humains. Que, pour eux, le mal ne soit pas plus fort que le bien, mais qu’ils gardent un coeur ouvert qui sache attendre et espérer.
Que ton Eglise jalonne la route des hommes et des femmes de gestes qui donnent une authentique espérance. Que, dans toutes les communautés chrétiennes de nos villes et de nos villages, ton espérance se fasse un chemin à travers nos vies quotidiennes.
Que notre vie personnelle soit un signe concret d’espoir aux yeux de tous et, surtout, aux yeux des plus humbles et des plus humiliés.
Aujourd’hui, tu mets ton nom dans notre bouche, ton oeuvre est dans nos mains. Fais de nous des germes de paix et d’espérance pour le monde.

(Suite et autres prières selon votre inspiration…)
Père, tu sais de quoi nous avons besoin ; nous Te prions avec confiance :
Notre Père qui es aux cieux…
Amen !

Une parole-clé : 2 Thessaloniciens 3, 3
« Le Seigneur est fidèle, il vous rendra forts
et il vous protègera contre le Mauvais »
Que la Parole du Christ habite parmi vous dans toute sa richesse : tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père. (Col. 3, 16-17)
Amen.

Olivier Sandoz, pasteur et Hélène Denebourg, diacre