« …parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle d’hôtes » – ou bien ?

A Vrai Dire

Un jeune couple sillonne lentement la ville. Ils ont l’air pauvre. Il pousse son vélo, emballé avec des sacs et elle marche à côté de lui, très enceinte. Ce matin, ils ont de la chance: la distribution alimentaire pour les plus démunies est ouverte et, sans être inscrits, ils reçoivent beaucoup de pain, quelques fruits et des légumes, voire même des couches. Toutefois, lorsqu’ils demandent à être logés pour la nuit, ils ne reçoivent pour seul réponse que hochements de tête négatifs. On leurs conseille de s’adresser à une organisation caritative, parce qu’ils n’ont pas d’argent. Ils continuent, frappant et sonnant à quelques  portes. Certaines restent closes. D’autres s’ouvrent, mais pour un refus ou des insultes. Trouveront-ils une place pour la nuit?

Et s’ils se retrouvaient devant notre porte un soir? Que ferions-nous alors?

Peut-être ferions-nous comme le garçon qui joue le rôle du patron d’auberge dans la saynète jouée dans l’église : il regarde Marie et Joseph pendant longtemps alors qu’ils se tiennent devant sa porte – jusqu’à ce que la souffleuse lui murmure à plusieurs reprises: « Tout est plein! ».

Mais finalement, il dit de voix haute et forte: « Entrez, soyez les bienvenus! »

 

Régine Becker, pasteure de la Paroisse de langue allemande d’AIgle

 

„… denn sie fanden keinen Raum in der Herberge“ – oder doch?

A Vrai Dire

Ein junges Paar zieht langsam durch das Städtchen. Ärmlich sehen sie aus; er schiebt ein Fahrrad, vollgepackt mit Taschen, und sie läuft neben ihm, hochschwanger. Heute Vormittag haben sie Glück: Die Lebensmittelausgabe für Bedürftige hat offen und ohne dass sie angemeldet sind, bekommen sie reichlich Brot, Obst und Gemüse mit, sogar noch Packung Windeln. Auf die Frage nach einer Unterkunft ernten sie jedoch nur Kopfschütteln und den Rat, mal bei der Diakonie nachzufragen. Geld haben sie keines. Sie ziehen weiter, klopfen hier und klingeln da. Manche Türen werden gar nicht erst geöffnet, an anderen werden sie abgewimmelt oder gar beschimpft. … Ob sie wohl noch einen Platz für die Nacht bekommen haben?

Und wenn die beiden nun eines Abends vor unserer Tür stehen? Was machen wir dann? Vielleicht machen wie es, wie der Wirtsjunge im Krippenspiel in der Kirche. Er schaut Maria und Josef lange an, als sie vor seiner Tür stehen – solange, bis die Souffleuse ihm mehrfach zuflüstert „Alles voll!“.

Doch schließlich sagt er laut und deutlich: „Kommt nur herein, Ihr lieben Leute!“

Regine Becker